Port-au-Prince, Haïti . – Une polémique entoure la livraison d’équipements militaires à la Police Nationale d’Haïti (PNH), notamment des véhicules blindés fournis, entre autres, par les États-Unis.
L’ambassade américaine en Haïti aurait refusé de remettre les clés de ces véhicules à la PNH, suscitant ainsi interrogations et débats.
En effet, le 10 février 2025, l’ambassade américaine a notamment remis un lot de matériels, dont des véhicules blindés, lors d’une cérémonie organisée à la Direction Générale de la PNH à Clercine. Une cérémonie à laquelle ont assisté, entre autres, Leslie Voltaire, Normil Rameau et le commandant du MSS Otunge.
Le 14 février 2025, le Bureau des Affaires Internationales de Lutte contre les Stupéfiants et d’Application de la Loi (INL) a livré 20 véhicules blindés supplémentaires destinés à la PNH. Ces équipements devaient renforcer la capacité des forces de l’ordre à mener des opérations contre les gangs armés qui terrorisent la population.
Cependant, au 27 février 2025, l’ambassade américaine en Haïti aurait confirmé que les matériels livrés à la Police Nationale d’Haïti (PNH) ne sont toujours pas mis à la disposition des forces de l’ordre, ce qui a été rapporté par le média en ligne Vantbèfinfo. Une situation qui soulève des interrogations sur la sincérité des promesses américaines face à la détresse du peuple haïtien terrorisé par les gangs armés.
D’après une source policière, la PNH aurait aussi commandé des armes à feu et l’ambassade estime que la police haïtienne n’est pas autorisée à avoir ces types de matériels.
Une réelle opacité et confusion existent entre les achats directs de l’Etat Haitien pour le compte de la Police Nationale d’Haïti (PNH) et l’Armée (FADH) et les dons reçus par les entités étrangères. Le Haut État Major de la Police, le CSPN et le CPT de Leslie Voltaire évitent de questionner l’ambassade sur ces positions liées à la Police et préfèrent garder un silence complice pendant que les gangs deviennent plus déterminés pour gagner non seulement en territoire, mais aussi à tuer, bruler et déstabiliser totalement la vie des citoyens et les institutions du pays.
Le contribuable haïtien, au nom de la transparance, doit savoir ce que son argent a acheté et ce qui lui a été effectivement donné et livré. Aujourd’hui, il serait de bon ton de se demander si la compagnie INCA du Canada a livré tous les blindés commandés par l’État Haïtien. Tout le monde se souvient de cette polémique entre l’ex-ministre de la Justice Emmelie Prophète et l’Ambassadeur du Canada lors en Haïti, Sebastien Carrière. Le Journal “Le Nouvelliste” avait même provoqué le courroux du Canada dans ce dossier.
Pour revenir aux Américains, le Département d’État dirigé par Marco Rubio a récemment approuvé une exemption de 40,7 millions de dollars en faveur de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MSS).
Malgré les défis sécuritaires persistants, les États-Unis gardent les clés des matériels reçus pour combattre l’insécurité pendant qu’ils réaffirment leur engagement aux côtés des forces de l’ordre haïtiennes.
Il n’y a pas trop longtemps, l’ambassadeur américain Dennis Hankins avait avoué sur les ondes de la Radio Métropole avoir des contacts avec certains gangs pour questionner sur leurs intentions quant à la sécurité du bâtiment que sur celles du personnel de l’ambassade à Tabarre.
La rédaction