La position de Rubio a été toujours claire à l’égard d’Haïti : les États-Unis n’avaient aucun rôle à jouer dans la crise haïtienne, considérant que c’était au peuple haïtien de décider de l’avenir de leur gouvernement. Cette position de non-ingérence est en ligne avec ses critiques fréquentes des régimes autoritaires, comme celui de Nicolás Maduro au Venezuela. Cette position formulée par Rubio en 2019 est aujourd’hui loin de la réalité, de part l’implication même des américains dans la gestion de la crise et la manière aussi de proposer des solutions aux problèmes d’Haïti.
En 2021, Jovenel Moïse a été assassiné. Des firmes américaines, des citoyens américains ont été cités aussi dans dans cette planification qui a causé la mort du président haitien. Les services d’intelligence d’Haïti et des pays amis n’ont pu prévenir cet assassinat entraînant uniquement que la mort de Jovenel Moïse.
Depuis, Haïti est confrontée à une escalade de violence orchestrée par des gangs armés qui contrôlent quatre-vingt pour cent (80%) de la capitale, Port-au-Prince. Le Leader de la Coalition G9 et Famille et alliés, Jimmy Chérizier alias Barbecue, chef de Delmas 2 a lui-même rendu un hommage vibrant à Jovenel. Cette coalition a reçu à sa création la bénédiction de Jovenel Moïse et celle de Madame Helen Lalime, cheffe du BINUH lors.
Dans ce contexte de crise sécuritaire grave, les États-Unis ont pris une position plus active en soutenant la Force Multinationale, dirigée par le Kenya, afin de stabiliser Haïti. Un objectif qui peine à être matérialisé car la situation a empiré ces derniers jours et les Etats-unis souhaitent la convertir en mission onusienne de maintien de la paix. Le Secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a informé que les Etats-Unis ont déjà fourni à la force multinationale plus de trois cent millions de dollars en dehors de l’aide humanitaire et des projets gérés à travers l’USAID.
En tant que Secrétaire d’État sous l’administration de Donald Trump, Rubio serait en première ligne pour gérer les défis croissants dans la région hérités par l’Administration Biden. Pourra t-il toujours parler de non-ingérence en Haiti ? D’autant que le Conseil Présidentiel de Transition, (bien que proposé dans l’apparence par des acteurs haïtiens) est l’oeuvre des pays du Corps groupe notamment des Etats-Unis, du Canada et de la France. La CARICOM n’étant que la façade de ces pays.
Rubio a aussi toujours montré son hostilité pour la migration illégale.
Dans son communiqué du 18 Avril 2024, il a clairement déclaré que l’administration Biden semblait ignorer que de nombreux Haïtiens considèrent la République dominicaine comme un tremplin vers Porto Rico et qu’il existait déjà un réseau de contrebande bien établi pour faciliter ce voyage. Rubio a donné son appui à Luis Abinader dans sa politique migratoire : « je ne peux pas soutenir l’immigration massive illégale[,] parce que le travail des élus est de protéger d’abord leurs citoyens, pas ceux des autres. »
Le prochain Secrétaire d’Etat américain a soutenu la mission internationale de maintien de la paix que le Kenya dirige en Haïti.
De grands défis attendent Marco Rubio dans la région. Plus d’un se questionnent et s’inquiètent sur ce que sera réellement la politique de Donald Trump face aux migrants en général et particulièrement face au Migrants Haïtiens qui ont été traités de mangeurs d’animaux domestiques lors de sa campagne.
La rédaction