Le ministère public de la République dominicaine a lancé l’Opération Pandora, une vaste opération visant à démanteler un réseau criminel infiltré dans la Police nationale, dirigé par le colonel Narciso Antonio Féliz Romero, ancien responsable du département des armes. Ce réseau est accusé du vol de plus de 900 000 projectiles, mettant en lumière des actes de corruption et de négligence graves.
Les faits principaux
• Arrestations majeures : Plusieurs officiers et sous-officiers, dont des figures clés comme le colonel Féliz Romero, le capitaine Nelson Valdez et le capitaine auditeur Victor Manuel Santos, ont été arrêtés pour leur rôle dans le détournement et la dissimulation de munitions.
• Périmètre de l’opération : Des perquisitions ont eu lieu dans plusieurs provinces (Santo Domingo, Santiago, Sanchez Ramirez et Pedernales) avec la participation de plus de 200 agents de police et 40 procureurs.
• Preuves recueillies : Armes, munitions, transactions économiques, preuves numériques et témoignages ont consolidé un dossier solide contre les membres du réseau criminel.
Lien potentiel avec Haïti et les gangs armés
La découverte de ce réseau soulève des questions sur la destination des projectiles volés. Les zones frontalières, notamment Pedernales, sont souvent utilisées pour le trafic illicite d’armes vers Haïti, où les gangs armés sont en quête constante d’équipement militaire. Les 900 000 projectiles volés pourraient renforcer les groupes criminels haïtiens, exacerbant l’insécurité déjà critique dans le pays.
Contexte politique et position de Luis Abinader
Le président dominicain Luis Abinader a récemment rejeté un rapport des experts de l’ONU affirmant que des armes et munitions provenant de la République dominicaine alimentaient les gangs en Haïti. L’Opération Pandora met cependant en lumière les failles internes et la corruption au sein de la police dominicaine, offrant des éléments qui pourraient corroborer ces accusations internationales.
En conclusion, l’Opération Pandora révèle non seulement l’ampleur de la corruption au sein des institutions dominicaines, mais soulève également des préoccupations sur son impact régional, notamment en Haïti, où la crise sécuritaire s’est aggravée par ces flux illicites.
La rédaction