Port-au-Prince, le 25 novembre 2024 – Situé à Delmas 33, l’Hôpital Universitaire la Paix (HUP) fait face à une pression sans précédent, conséquence de la fermeture progressive des hôpitaux de la région métropolitaine, victimes de l’insécurité croissante. Depuis la fermeture de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) en février dernier et celle annoncée des établissements administrés par Médecins Sans Frontières (MSF), l’HUP est devenu un des rares centres de référence encore fonctionnels dans la capitale.
Une affluence multipliée par trois
Invité à la matinale de Magik 9 le vendredi 22 novembre 2024, le directeur médical de l’HUP, le Dr Jean Philippe Lerebourg, a révélé que l’affluence de l’hôpital a augmenté de 200% en un an. « L’hôpital reçoit en moyenne 300 patients par jour, dont 85 accouchements hebdomadaires, parmi lesquels 25 nécessitent une césarienne », a-t-il indiqué.
Le service des urgences est également en surchauffe, avec 71 blessés par balles admis entre le 11 et le 22 novembre, soit une moyenne de 7 blessés par jour. Le 20 novembre, le service a enregistré un pic alarmant de 20 blessés par balle en une seule journée, dont deux sont décédés a rapporté Le Nouvelliste.
Une région métropolitaine paralysée
La situation sanitaire dans la région métropolitaine est critique, avec la fermeture de plus de 10 hôpitaux, incapables de fonctionner à cause de l’insécurité grandissante. Parmi les établissements touchés figurent :
• L’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), fermé depuis février 2024, autrefois le plus grand centre public du pays.
• Le Sanatorium, spécialisé dans le traitement de la tuberculose.
• Les centres de santé de Médecins Sans Frontières (MSF), y compris celui de Cité Soleil.
• L’Hôpital Saint-François de Sales, contraint de suspendre ses services.
• L’Hôpital Français et plusieurs cliniques privées, également forcées de fermer.
• Les centres du réseau DASH (Développement des Activités de Santé en Haïti), qui peinent à maintenir leurs activités.
Un personnel médical décimé
En plus de l’augmentation vertigineuse du nombre de patients, l’HUP est confronté à un grave problème de ressources humaines. « L’hôpital a perdu 27% de son personnel médical », a déploré le Dr Lerebourg. Beaucoup de professionnels de santé ont quitté le pays en quête de meilleures opportunités à l’étranger, tandis que d’autres ont abandonné leurs postes à cause de l’insécurité qui sévit dans leurs zones de résidence.
Une situation insoutenable
Avec seulement 210 lits disponibles, l’HUP est loin de pouvoir répondre à la demande croissante.
Le Dr Jean Philippe Lerebourg appelle les autorités et les partenaires internationaux à prendre des mesures urgentes pour garantir la sécurité des hôpitaux et renforcer le système de santé. Sans cela, des milliers de patients risquent de rester sans accès aux soins dans un contexte de crise humanitaire alarmant.
La rédaction