Depuis quelque temps en Haïti, il est repassé comme une rengaine qu’un tel fait du blanchiment, l’autre du trafic d’organes et telle organisation ou individu est un terroriste. Pire, on a même entendu l’ex-président du CPT, Leslie Voltaire, déclarer dans une presse française qu’un ancien président élu fait du trafic d’organes. Quelle irresponsabilité !
Trafic d’organes… terroriste… blanchiment ont leur signification et la sanction pénale internationale qui vient avec. Ce sont des mots qu’il faut bien peser avant de les prononcer.
Un pays qui a des trafiquants d’organes et des terroristes est un pays ciblé, qui rentre dans une catégorie spécifique. Un gouvernement qui refuse ou qui ne prend pas de dispositions pour combattre ce trafic ou pour exiger que la justice mène une enquête pour vérifier les faits est aussi un gouvernement qui frôle certaines sanctions internationales.
Parler de Trafic d’organes, de terrorisme revient finalement à parler de quoi ?
Dans un souci d’éviter les dégâts supplémentaires au peuple haïtien déjà marginalisé et écarté des grands débats capables de mettre le pays sur la voie du développement, la rédaction du journal lequotidien509 souhaite partager cet éditorial avec son lectorat.
Que signifie donc Trafic d’organes et terrorisme dans le contexte international ?
Le trafic d’organes est l’exercice illégal du commerce d’organes humains. Il comprend le prélèvement d’un organe ou d’un tissu humain sur des personnes vivantes ou décédées, en vue d’une transplantation en dehors des systèmes médicaux nationaux, selon Wikipédia.
Selon le Conseil de l’Europe : “Le trafic d’organes humains est un problème d’ampleur mondiale qui viole les libertés fondamentales, les droits de l’homme et la dignité humaine et constitue une menace directe pour la santé publique, l’intégrité, la liberté et souvent la vie des individus. Il est également souvent lié aux activités de groupes criminels organisés transnationaux, qui profitent de la situation vulnérable du donneur. Le trafic d’organes humains est un problème international qui exige une réponse des gouvernements, des institutions législatives et de santé, ainsi que des organisations internationales.”
Le trafic d’organes est un crime transnational.
Le silence de l’Etat Haïtien devant les accusations portées contre des personnalités de la vie nationale, des hommes et des femmes d’affaires ces derniers temps, met directement Haïti, par la faute de certains communicateurs et dirigeants, sur une liste rouge de pays qui facilitent le trafic. Les sanctions à l’égard du pays peuvent être sévères et variées, selon les lois nationales et les conventions internationales.
Pourquoi le gouvernement n’a t’il jamais lancé une enquête sérieuse sur ces accusations ? Pourquoi les accusateurs n’ont jamais été invités par la justice du pays ni le CSPJ afin de répondre aux questions et de soumettre les preuves ? . Pourquoi l’État ou les institutions concernées n’ont pas publié une note de “responsabilité” pour informer que l’affaire est prise en considération ?
Comment l’Etat garant de l’ordre et de la gestion du commerce national puisse-t-il rester silencieux devant des déclarations qui ont des implications non seulement pour l’accusé, mais pour le pays tout entier. Ces déclarations ont des répercussions majeures au niveau du système bancaire et touristique. Haïti rejoint automatiquement les pays sur la liste rouge et faire des transferts et des transactions bancaires internationales devient un calvaire pour le plus simple citoyen.
Voici quelques-unes des conséquences possibles pour Haïti en ce qui concerne le trafic d’organes :
- Sanctions pénales : Les individus impliqués, y compris les fonctionnaires, peuvent être poursuivis pour crimes contre l’humanité, traite des personnes, d’êtres humains ou homicide.
- Sanctions économiques et diplomatiques : D’autres pays ou organisations internationales (ONU, UE, etc.) peuvent imposer des embargos, des restrictions commerciales ou suspendre l’aide économique.
- Mise au banc de la communauté internationale : Le pays pourrait être dénoncé publiquement, ce qui nuirait à son image et à ses relations internationales.
- Restrictions sur les voyages : Les dirigeants ou citoyens impliqués pourraient être interdits de visa ou visés par des mandats d’arrêt internationaux.
- Intervention humanitaire : Dans les cas extrêmes, si le trafic d’organes est systématique et organisé par l’État, des mesures d’intervention humanitaire ou judiciaire peuvent être envisagées, y compris via la Cour pénale internationale (CPI).
- Une réprobation, voire un refus, des touristes de visiter le pays.
Sans compter, le péjoratif du terme “Terrorisme” qui contient des implications pour le pays. Les États-Unis, l’Union européenne et l’ONU tiennent des listes de pays soutenant le terrorisme, comme celle du U.S. State Department. Être inscrit sur ces listes entraîne des restrictions sévères sur les relations internationales.
- Sanctions diplomatiques : Rupture des relations avec certains États, exclusion des organisations internationales.
- Sanctions militaires : Embargo sur les ventes d’armes, surveillance accrue des activités militaires.
- Poursuites devant la Cour pénale internationale (CPI) : Si des responsables du pays sont impliqués, ils peuvent être poursuivis pour crimes contre l’humanité.
- Opérations militaires ciblées : Des frappes aériennes ou des interventions militaires peuvent être menées contre des infrastructures jugées liées au terrorisme.
- Isolement géopolitique : Un pays accusé de soutenir le terrorisme voit ses alliances se réduire, perd l’accès aux financements internationaux et devient une cible pour des actions de contre-terrorisme.
Il faut retenir qu’à ce compte de simples suspicions peuvent être néfastes, on se souvient de l’ostracisation de l’Iraq.
L’incapacité de l’Etat haïtien à contrôler les groupes civils armés et la demande de certaines organisations à inscrire les groupes criminels sur une liste de terrorisme entraînent d’emblée des sanctions internationales pour le pays ainsi que son isolement.
L’Organisation des Nations Unies (ONU) adopte une position ferme contre le trafic d’organes et le terrorisme, considérant ces actes comme de graves violations des droits humains et des menaces à la paix et à la sécurité internationales. La déclaration de la Directrice exécutive de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) Ghada Fathi Ismail Waly ne doit pas être prise à la légère par l’État Haïtien.
L’État Haïtien a pour responsabilité de freiner la propagation de cette campagne liée à l’utilisation de mot comme « trafic d’organes » ou « terrorisme » afin que le pays tout entier ne soit victime d’un isolement diplomatique et économique ou d’isolement géopolitique.
Qui ne dit rien consent, dit le proverbe, l’État doit prendre ses responsabilités, freiner les accusations et punir les coupables s’il y a lieu. Sinon l’Etat se retrouve complice et tous les Haïtiens paieront les conséquences d’un silence complice.
Toutefois, le terrorisme et le trafic d’organes sont des fléaux générateurs d’ostracisme et de cruelle pénalisation. Selon des experts des Nations unies, l’ONU ne négocie pas directement avec des groupes dits terroristes, cependant, elle encourage souvent les solutions politiques pour éviter une escalade de la violence. Dans certains cas, elle soutient les États membres qui engagent un dialogue discret avec ces groupes.
De ce fait, il est légitime de se demander s’il n’y a pas une idée cachée le fait que André Michel ait demandé aux Etats-Unis d’Amérique de porter sur une liste comme Terroristes les groupes armés en Haïti et aussi si la démarche du Président Dominicain Luis Abinader de les déclarer déjà comme terroristes ne rentre t-elle pas non plus dans une forme de manœuvre diplomatique, pour pouvoir aller dans une forme de négociation en dehors même du Conseil Présidentiel de Transition.
L’ONU ne négocie officiellement pas avec les groupes terroristes, mais elle peut faciliter des pourparlers dans des contextes spécifiques où une solution politique est jugée nécessaire.
L’Equipe Juridique