La manifestation annoncée par les dirigeants du parti EDE (Les Engagés pour le Développement) n’a pas pu avoir lieu ce mercredi. Les forces de l’ordre ont dispersé les protestataires lors de leur rassemblement à Delmas 40 B à coups de gaz lacrymogènes. Dans un communiqué, le parti EDE, qui avait convoqué cette manifestation contre l’insécurité et pour réclamer le départ du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et du gouvernement, dénonce une tentative d’intimidation.
Les manifestants, qui prévoyaient de marcher jusqu’à Delmas 60, dénoncent l’intervention des forces de l’ordre et réaffirment leur engagement à poursuivre leur mobilisation. Selon eux, le gouvernement actuel est incapable de répondre aux besoins de sécurité de la population.
« Il n’y aura pas d’élection avec des dirigeants qui ignorent la souffrance du peuple et qui ne défendent que leurs propres intérêts », ont déclaré certains protestataires.
Dans une note, le parti dirigé par l’ancien Premier ministre Claude Joseph accuse les autorités de vouloir faire taire la contestation. « Nous n’allons pas reculer. Trop de sang a déjà coulé, trop de citoyens ont été contraints de fuir leurs domiciles. Il faut que cela cesse », lit-on dans le communiqué du parti.
Signataire de l’accord du 3 avril 2024 ayant abouti à l’actuelle gouvernance, EDE affirme qu’il se tient aux côtés de la population pour exiger un changement. « Nous avions signé cet accord pour permettre le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections, pas pour qu’un groupe de politiques profite des privilèges du pouvoir tandis que la majorité des citoyens souffre », écrit Claude Edouard, secrétaire général du parti.
Certains observateurs soulignent l’ironie de la situation : Claude Joseph, aujourd’hui dans l’opposition, pendant que son représentant est au CPT, avait lui-même été confronté aux manifestations réclamant la démission de Jovenel Moïse lorsqu’il était au pouvoir.
De plus, son rôle en tant que chef du CSPN (Conseil Supérieur de la Police Nationale) au moment de l’assassinat du président Moïse soulève des questions sur sa légitimité à dénoncer aujourd’hui l’insécurité persistante dans le pays.
A quoi joue Claude Joseph ?
La rédaction