Mirebalais, 1er avril 2025 – Alors que la Police Nationale d’Haïti (PNH) affirme avoir déployé des unités spécialisées pour rétablir l’ordre à Mirebalais, la situation sur le terrain raconte une toute autre histoire. Les gangs armés continuent de semer la terreur, et les forces de l’ordre, totalement désorganisées et mal coordonnées, peinent à reprendre le contrôle de la commune.
Une communication officielle optimiste
Dans une note diffusée le lundi 31 mars, la PNH a annoncé l’envoi de plusieurs unités en renfort au commissariat de Mirebalais, situé dans le département du Centre. Selon la police, cette mobilisation vise à “neutraliser tous les foyers de gangs armés opérant sur le territoire national”. L’opération est menée sous le leadership du Commandant en chef, Rameau Normil, selon la note officielle de la PNH.
Une situation bien différente sur le terrain
Cependant, plusieurs sources locales contredisent cette déclaration, laissant entendre que la PNH est loin d’avoir le contrôle de la situation. Contrairement aux affirmations officielles, à peine une vingtaine d’agents d’unités spécialisées auraient été déployés à Mirebalais par hélicoptère. L’un des objectifs premiers de cette intervention était de sécuriser l’hôpital de Mirebalais.
D’après nos informations, c’est l’ambassade des États-Unis qui aurait mis à disposition de la PNH un hélicoptère pour cette opération.
Des témoignages indiquent que plusieurs quartiers stratégiques, comme la zone d’Éfakap et la rue Yanyan, restent sous le contrôle des bandits. De nombreux commerces, dont la boutique de Madame Raymond, ont été incendiés. Pire encore, malgré des alertes dès le 30 mars, la prison de Mirebalais a été abandonnée sans aucune mesure préventive. Elle comptait environ 500 détenus, dont un nombre indéterminé aurait pu s’échapper.
Un manque de leadership et une coordination défaillante
Notre source confirme que la police n’est pas sur pied de guerre. Une mauvaise coordination entre les différentes unités, notamment l’UDMO, le SWAT et les policiers sur le terrain, freine les opérations. De plus, plusieurs agents déployés ne connaissent ni la ville ni la commune, ce qui complique davantage leur intervention.
Malgré la présence d’unités spécialisées, les policiers hésitent à s’aventurer dans les zones dangereuses en raison du manque de véhicules blindés.
Mirebalais en passe de tomber aux mains des gangs ?
La situation dans le Centre devient critique. Selon nos informations, le Directeur Départemental du Centre (DDC) aurait ordonné le repositionnement des policiers de l’UDMO à Carrefour Peligre, exposant encore davantage la ville de Mirebalais aux attaques des gangs. Des bandits auraient même été aperçus dans la zone de Peligre.
Les unités spécialisées SWAT et BRI se seraient également désengagées. Pendant ce temps, plusieurs prisonniers évadés et bandits se sont réfugiés dans les mornes environnants. Face à cette menace, la population se mobilise pour traquer les criminels, mais l’attitude des forces de l’ordre soulève des interrogations. Certains agents du BSAP ont été aperçus aux côtés de la population, tentant de combler le vide laissé par la PNH.
Des sources policières rapportent que le commandant départemental aurait même donné l’ordre à certaines unités de ne pas soutenir le SWAT, alors que les gangs poursuivent leurs incendies criminels à travers la ville. Cette absence de coordination affaiblit toute résistance, rendant la défense de Mirebalais de plus en plus incertaine.
Une tentative de prise de contrôle par un chef de gang ?
Toujours selon nos sources, la coalition Viv Ansanm chercherait à installer à Mirebalais un chef de gang répondant au nom de “Jacky, ainsi connu”.
Alors que les autorités tentent de rassurer l’opinion publique, la réalité est implacable : Mirebalais est à l’agonie et pourrait basculer sous le contrôle des gangs dans les prochaines heures.
La question demeure : la PNH a-t-elle encore les moyens d’agir, ou assiste-t-on à un abandon progressif de certaines zones du pays aux criminels ?
La rédaction