Près de 48 heures après l’attaque menée par des bandits contre la ville de Mirebalais, les autorités n’ont toujours pas repris le contrôle total de la commune. Pour plus d’un, cette situation reflète une forme de complaisance de la part des dirigeants, tant l’attaque a été exécutée avec une facilité déconcertante.
Jusqu’à cet après-midi, les forces de l’ordre peinaient encore à reprendre entièrement le contrôle de la ville, vidée de la plupart de ses habitants.
Selon les informations disponibles, des membres de la population, n’ayant pas eu le temps de fuir et toujours coincés dans les zones sous emprise des gangs, rencontrent d’énormes difficultés à se déplacer en raison des menaces des malfrats.
Le responsable de la structure politique Debout Citoyen, Me Lucmane Delile, dénonce vivement l’attitude des autorités, qu’il accuse d’avoir abandonné la ville aux gangs.
« Ce n’est pas normal que les bandits aient pu exécuter leur menace d’envahir Mirebalais avec une telle aisance », s’indigne-t-il, plaidant pour la démission du gouvernement et le renvoi du Conseil présidentiel de transition (CPT), jugé incapable de prendre des mesures concrètes pour restaurer l’ordre public à travers le pays.
Marie Rosie Auguste Ducénat, responsable de programme au Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), partage cette inquiétude. Selon elle, Mirebalais a été tout simplement livrée aux gangs.
L’attaque a également visé la prison civile de Mirebalais, d’où plus de 530 prisonniers se sont évadés. Elle déplore particulièrement le fait que parmi ces détenus, 467 étaient en attente de jugement, contre seulement 66 condamnés.
Même constat du côté du secrétaire exécutif de la Plateforme Nationale pour le Progrès et la Défense des Droits Humains, qui déclare sans détour : « On a livré Mirebalais aux bandits. »
Située dans le département du Centre, Mirebalais est un point stratégique souvent utilisé pour divers trafics illégaux, notamment d’armes, de munitions et de drogues.
La Rédaction